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Aubigny sur Nère et les Stuart

Nous n’avions que quelques kilomètres à parcourir entre le château de la Verrerie et la petite ville d’Aubigny-sur-Nère, Nous sommes donc toujours dans l’ancienne province du Berry, entre Sologne et Pays Fort et. Nous entrons un petit peu… en Ecosse.

La Auld Alliance

Remontons près de mille ans en arrière. Nous sommes pendant la Guerre de Cent Ans. A cette époque, la guerre fait rage entre la France, l’Angleterre et l’Ecosse. Face à leur ennemi commun, l’Angleterre, la France et l’Ecosse se garantissent une protection mutuelle. Elles signent le traité de la Auld  Alliance. Initié par Philippe le Bel en 1295, il a été constamment renouvelé jusqu’en 1560.

C’est pendant cette période que en 1423, le roi Charles VII a fait don de  la seigneurie d'Aubigny (avec le château de la Verrerie que nous venons de voir) au vaillant chef d'armée écossais Jean Stuart de Darney pour le remercier d’avoir engagé ses hommes aux côtés des français.

C’est ainsi que durant quatre siècles, le village a vécu à la mode écossaise avec whisky, kilts et cornemuses.

On a parlé anglais dans ce coin du Berry jusqu’au début du 19ème siècle lorsque le territoire est redevenu français.


La période écossaise est une période prospère pour la ville mais, malgré un gigantesque incendie qui l’a presque entièrement détruite. Touché par cet immense désastre, le seigneur de l’époque, Robert Stuart d'Aubigny autorisa les Albiniens à couper les arbres de ses propres forêts pour reconstruire les charpentes de leur maisons.  Plusieurs forêts en firent les frais mais la ville fût reconstruite rapidement et bien plus belle. La gratuité de tout ce bois explique probablement la débauche de colombages, croisillons, poutres et autres décors qui ornent encore les maisons du village.


La petite ville a développé par le passé une importante activité de tissage qui lui a valu une belle notoriété. La rue des foulons en reste le témoignage avec ses ruisseaux et ses petits ponts. Au coeur de cet ancien quartier, la maison du Pont des Foulons est la seule à avoir été épargnée par l'incendie grâce à sa situation en bordure de Nère. Elle en a conservé ses colombages en croix de Saint André .

 

Nous nous sommes longuement promenés dans les rues bordées de ces belles maisons anciennes. La plupart sont abondamment fleuries et souvent de manière recherchée à l’image de cette façade qui croule sous les géraniums.

De rue en ruelle, nous arrivons à l’église. Au XIIème siècle, elle fût construite par les moines du chapître de Saint-Martin de Tours. Incendiée deux fois par les anglais, elle fût chaque fois reconstruite et même agrandie par Robert Stuart pour prendre sa forme actuelle. Elle est claire et lumineuse grâce à ses nombreux vitraux qui retracent la vie de Saint_Martin.


Son clocher-porte date du XVème siècle. Il présentait la particularité d’être traversé par une voie de communication importante de la cité.

 

Nous débouchons sur la rue principale qui recèle aussi de belles maisons, toujours aussi bien fleuries. La plus célèbre de ces maisons est celle dite de François 1er datée de 1519. Elle présente un assemblage de bois sculpté remarquable.

 

Je me pose une question. Comment François 1er qui mesurait près de 2m, pouvait-il entrer par cette porte si basse sans se cogner !


Un curieux assemblage de trois piliers sculptés soutient un angle de la maison.

 

Nous quittons le quartier de l’église et la rue Pousse Panier pour descendre par la rue du Prieuré vers les Grands Jardins et le château.


Jean II Stuart qui résidait au château de la Verrerie, décida, après l’incendie de 1512, de se faire construire une résidence à Aubigny. Cette riche demeure est un bel exemple d’architecture renaissance. La duchesse d’Aubigny et de Portsmouth ne cessera par la suite de l’agrandir et de l’embellir. Depuis, le bâtiment a été maintes fois remanié jusqu’à y accoler des bâtiments en béton qui le défiguraient. Ils seront détruits en 2010 permettant au château de retrouver son aspect initial.

La duchesse a également fait construire de vastes jardins remarquables à proximité. Ils sont toujours un attrait de la ville.

 
 

Devant l’hôtel de ville, une gigantesque épée, plantée sur un rocher fait penser à Excalibur, l’épée du roi Arthur. Mais c’est une mauvaise piste

Cette grande épée plantée dans une terre mêlée de France et d’Ecosse rend hommage aux milliers de morts écossais qui perdirent la vie pour la France.

Le lien avec l’Ecosse est toujours très fort à Aubigny. Chaque année, depuis 1931, on célèbre l'amitié franco-écossaise par de grandes fêtes qui rappellent le souvenir de quatre siècles de  présence des Stuart en Berry

Les cornemuses retentissent à nouveau et les kilts réapparaissent.


 


Aujourd'hui, Aubigny est une petite ville touristique très accueillante et fleurie. La ville s’enorgueillit d'avoir obtenu le label quatre fleurs des villes fleuries. Nous reprenons notre voiture stationnée juste devant la boutique du boucher qui disparaît presque derrière les géraniums.

Passez une bonne journée

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Nell 07/05/2019 09:59

Quel magnifique article!!!!! Je me suis régalée de d'admirer ces façades. Mais que cette ville est belle!!! Un grand merci aussi pour tous ces précieux renseignements. Passe une douce journée avec un panier de gros bisous