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Bibracte, capitale des Eduéens, une ville sous la forêt

Nous avons laissé les archéologues à leurs patientes recherches et avons commencé la découverte de la ville par le quartier du Parc aux chevaux.

Près du sommet, dans le quartier du parc à chevaux, bien protégée des vents du Nord, une belle maison aristocratique a été mise à jour ; Elle est organisée comme les villas romaines malgré le climat rude de la région.
 

Cette domus couvrait une surface de 2800m².

 

Peut-être que c’est ici que César a écrit la Guerre des Gaules ? Ce qui est certain c’est que son propriétaire y menait une vie luxueuse et raffinée. Un réseau amenant l’eau nécessaire et évacuant les eaux usées est particulièrement bien fait, astucieux et toujours en bon état deux siècles plus tard....

La petite maison qui se cache dans un coin fut construite par Bulliot qui ainsi pouvait se consacrer pleinement à ses fouilles sans redescendre quotidiennement dans la vallée. Il n’avait ni route ni bus, lui….

Nous suivons maintenant ce qui a probablement été la rue principale qui conduisait de la porte du Rebout au sommet de la colline. Bibracte comprenait 1200 feux soit environ 10 000 habitants.

Image du site jc golvin


Un dessin imaginaire du lieu propose une suite de maisons de bois aux toits recouverts de bardeaux également en bois. Leur toit était très pentu et le pignon donnait sur la rue (avoir pignon sur rue…). L’une d’entre elle a été fouillée et se trouve désormais protégée. C’est sa cave qui est la plus intéressante car elle est en parfait état On y conservait la nourriture et surtout le vin, boisson de base à l’époque.


Il ne reste que quelques rares murs des nombreuses maisons qui longeaient la rue principale.

Un peu plus loin,le milieu de la chaussée est occupé par un curieux bassin elliptique, en forme d’œil. Il est construit en granit rose et si son principe architectural est connu (intersection de deux cercles selon des rapports de longueur d’un triangle de Pythagore) sa destination reste un mystère)

En continuant notre descente nous traversons une zone qui était occupée par les artisans ferronniers, potiers et autres. La richesse du sol en cuivre a permis aux artisans de développer un savoir faire reconnu et l’abondance de bois permettait de faire marcher de nombreux foyer

Le chemin traverse la forêt. La promenade est ombragée et vraiment très agréable.

Après une bonne heure de marche, nous arrivons à la porte du Rebout, entrée principale de l’oppidum.

Un morceau de rempart a été reconstitué selon la technique du murus gallicus décrite par César dans « la guerre des Gaules » : des poutres retenues au sol par des pierres, recouvertes d’un parement de terre et de pierres.


C’est là que le bus nous attend pour faciliter notre retour vers le XXIème siècle.

Nous quittons Bibracte à son apogée mais en -52 av JC, le siège d’Alésia sera fatal
aux troupes de de Vercingétorix. César passera l’hiver -52/-51 à Bibracte, où il rédigea une partie de son ouvrage « La guerre des Gaules »
La ville reste
ra prospère encore quelques dizaines d’années mais en -15 av JC il est décidé de construire une nouvelle ville Augustodunum, la cité « soeur et émule de Rome » Plus facile d’accès, elle entrainera le déclin de Bibracte et Autun deviendra la nouvelle capitale de Eduens.

Si la visite de Bibracte est historiquement passionnante, elle est également très agréable par la forêt qu’on traverse. C’est un environnement préservé. La forêt y est partout magnifique.

Abandonnées, comme Bibracte, les pentes du Mont Beuvray ont cependant toujours été utilisées comme pâture.  Pour garder le bétail, les paysans avaient l’habitude de tresser les branches des jeunes arbres pour en faire des haies vives clôturant leurs champs. Ces branches ont grossi et ont pris au fil des ans des formes étranges. On appelle ces troncs emmêlés des queules. Tordues et couvertes de mousses, elles ajoutent une touche fantastique à ce lieu en d’autres temps fréquentés par les druides. Gnômes, petits lutins et gobelins seraient à la fête dans cet environnement.

Les queules du Mont Beuvray

La forêt du Mont-Beuvray cache sous sa forêt une ville qui a conservé les témoignages de la vie, du savoir-faire, de la culture des Eduéens. On en a découvert une infime partie. Il y a fort à parier qu'il faille revoir nos livres d'histoire car les Eduéens n'étaient pas les gaulois réfractaires que notre président vient de railler récemment.

Nous voici de retour près du parking. Un restaurant propose une nourriture gauloise (service sans fourchette bien sûr) mais nous n’avons pas réservé et il n'y a plus de place. Nous nous contenterons d’un sandwich dit gaulois (savoureux) et d'un petit fromage sec, avant de découvrir le musée.. Ce sera pour bientôt.

Passez de belles journées et faites de belles balades réelles ou virtuelles.

 


 

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virjaja 08/12/2019 14:06

c'est intéressant et étonnant, merci! bon dimanche. cathy