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L'église Saint Pierre de Genens en Ténarèze (Gers) un livre ouvert sur le passé

A deux kilomètres au Sud de Montréal, dans la campagne gersoise colorée de jaune par les tournesols  épanouis et  de vert par les feuilles des vignes du Ténarèze, une belle allée de chênes nous invite à  découvrir une petite église. 

Malgré qu'elle soit classée Monument Historique depuis 1979, elle est peu visitée, probablement par sa situation un peu à l'écart des sites touristiques.  Ces ruines aux dimensions  assez modestes vont pourtant nous transporter dans le monde antique.

De la route, on la devine à peine, dissimulée par le feuillage. 

Elle  se trouve sur les bords de l'Auzoue, juste en face de la villa gallo-romaine de Séviac dont les fouilles ont mis à jour des mosaïques remarquables par leur décor de raisins. C'était l'église paroissiale du village de Genens. Aujourd'hui, elle est perdue entre champs et bois sans maisons alentours.  Que c'est-il passé?

  • Une importante villa romaine appartenant à un certain Genengus est finalement, comme beaucoup d'autres villas de la région, tombée aux mains de l'abbaye de Moissac toute puissante dans la région. Une première église est construite sur à cet endroit.
  • Au XIIème siècle elle arrive dans le domaine du Chapître d'Auch. C'est de cette période que date l'église Saint Pierre qui s'élève devant nous. 
  • Elle va subir par la suite des attaques, des oublis, des pillages qui vont la laisser à l'état de ruines. Tout d'abord en 1255, la construction de la bastide de Montréal qui a déplacé la population sur un côteau plus au Nord  et l'a  ainsi privée de ses paroissiens.
  • Puis les attaques des troupes protestantes de Montgomery en 1569 qui ont mis la région à feu et à sang 
  • Ensuite, la Révolution la privera de son toit et de son clocher
  • Enfin, le pillage de la charpente et de divers matériaux pour la rénovation de l'église de Montréal  qui l'ont laissée sans toit, en ruines au cœur d'une broussaille envahissante altière et pleine de charme..

 

 

La portail d'entrée tranche avec la sobriété du bâtiment. C'est par lui que commence la découverte des petits trésors cachés de ce bâtiment.

La porte de plein cintre à triple voussure est  surmontée d'une plaque de marbre blanc gravé d'un beau chrisme.

 

Reprenant le monogramme, khi et rho, connu comme étant celui du Christ, le chrisme s'entoure ici des lettres alpha et omega symbolisant la totalité, du commencement à la fin. C'est une représentation du christianisme primitif qui date d'une période bien antérieure à celle de la construction de l'église au XIIème siècle. Cette plaque de marbre provient très probablement de la villa gallo-romaine et de la première église construite sur le lieu. 

Seule l'abside a conservé son toit sur une arche brisée.

 

Sous un curieux décor de boules de la corniche, une colonne de marbre rouge et un chapiteau sculpté proviennent de la villa antique. 

 

 

 

Des marques de tâcherons et d'artisans  sont curieusement alignées sur ce pilier.

 

Les décors et ornements raffinés rompent avec le décor austère de l'église..

 

 

 

Tous ce petits détails en font un lieu au charme indéniable.  A la manière d'un rébus, l'histoire de cette petite église se lit sur ses pierres. Le calme et le silence qui règnent ici, en font un lieu propice à la contemplation, à la méditation et pour le moins à un moment de quiétude très agréable.

On quitte  cet endroit calme pour retrouver les lieux touristiques plus animés. Mais c'est très bien aussi!.

 

Merci d'être venus vous promener avec moi. Prenez soin de vous et passer une belle journée.

 

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manou 23/09/2020 16:08

Quelle est belle j'ignorai totalement son existence et la découvrir ainsi dans son écrin de verdure c'est que du bonheur. Merci pour ces jolies photos. Bises